NATUROPATHIE : QU’EST CE QU’ON MANGE ? LE POINT, ET UNE LISTE !

Quelle alimentation conseille le naturopathe ? La plupart des personnes s’attendent à ce qu’elle soit plutôt végétarienne, basée sur des céréales et légumineuses… d’autres l’imaginent plutôt vegan, composée de beaucoup de tofu, ou encore de graines… il y a aussi ceux qui s’aventurent sur internet, et, découvrant le crudivorisme ou le frugivorisme, pensent qu’il faut adopter intégralement  et de manière stricte ce mode de vie  …

Pour ma part, lorsque j’expose “l’hygiène alimentaire” naturo, il y a d’abord de l’étonnement car cela ne correspond en rien à ce qui est dit ci-dessus.  La première remarque qui arrive, c’est vrai, est  : “mais qu’est que je vais manger?  ” mais après explication on se rend bien compte qu’une grande variété d’aliment est autorisée et que souplesse et tolérance accompagnent les conseils pouvant sembler rigides au premier abord. C’est d’ailleurs en partie pour donner une liste d’aliments la plus complète possible que j’ai rédigé ce sujet.

Vous noterez que  cette “alimentation spécifique” peut différer selon l’enseignement reçu par les naturos. Pour ma part, je suis celui de Marchesseau, fondateur de la naturopathie en France, il me paraît être celui du bon sens ! ( je l’ applique depuis 2001,  date à laquelle j’ai commencé mes études naturo). Je vais donc ici vous l’exposer dans ses grands principes avec quelques conseils pratiques.

L’HOMME ET SON ALIMENTATION SPECIFIQUE:

L’homme est fait pour vivre dans un milieu spécifique, et pour les hygiénistes, chaque espèce animale a un tube digestif adapté à une alimentation spécifique. La vache est herbivore, l’oiseau granivore, le lion carnivore… Quant au tube digestif de l’homme, il est proche de celui des singes antropoïdes : dentition, estomac, intestins, prise en main des aliments sont semblables. Par analogie, les hygiénistes en ont déduit l’alimentation spécifique à l’homme. Si l’on modifie ou dénature l’alimentation physiologique d’une espèce, l’animal dépérit, on l’a vu avec l’affaire de la vache folle… Ainsi il faut à l’homme comme à tout espèce un aliment biologique (on ne parle pas de label là bien que l’agriculture biologique soit fondamentale) = c’est-à-dire qui correspond à sa physiologie pour préserver son équilibre général et sa santé.

La constitution de l’homme est ainsi celle des frugivores (ce qui ne veut pas dire qu’il doit se nourrir uniquement de fruits !)  et son régime alimentaire devrait être composé d’une grande part de végétaux (fruits, légumes, jeunes pousses, aromates, algues…) complétée de quelques  sous – produits animaux (indispensables). Ces aliments devraient être consommés crus et non dénaturés. Cependant le naturopathe assouplit cette base alimentaire qui ne peut être suivie intégralement sous nos climats, en y ajoutant des aliments de  tolérance. Ces tolérances seront posées en tenant compte de l’état de vitalité, des habitudes, défaillances, goûts, mode de vie du sujet, ainsi que de la saison, et de l’environnement.

POURQUOI UNE ALIMENTATION SPECIFIQUE ?

Cette alimentation est naturellement  hypotoxique pour l’homme, ce qui signifie qu’elle ne génère que très peu de toxines, les toxines pour le naturopathe étant responsables de tous nos déséquilibres. L’aliment biologique humain, c’est à dire correspondant à notre constitution, ne produit donc que peu de résidus, facilite le travail des organes d’élimination (foie/intestin, peau, reins, poumons), et ne demande que peu d’énergie au corps pour effectuer la digestion. Cette économie d’énergie est fondamentale pour le naturopathe puisque en la gaspillant le corps n’a plus suffisamment de ressources pour l’auto guérison et les d’éliminations, garants d’une vitalité et santé optimales. L’aliment spécifique est de plus le seul à nous fournir les nutriments dont nous avons réellement besoin : chargés de vie et hautement assimilables.

L’alimentation est de fait une technique majeure de la naturopathie, qui participe au retour à la santé, à sa préservation et même davantage, à sa potentialisation.

Voyons en détail ces aliments spécifiques d’une part puis ceux de tolérance.

L’ ALIMENTATION SPECIFIQUE : LA BASE  ! 

Elle est est donc adaptée à nos organes digestifs, les aliments suivants devant être consommés non dénaturés, crus et idéalement de saison et de qualité biologique :

80%  de végétaux :

Fruits frais bien mûrs : pomme, cerise, abricots, poires, raisin, pastèque, melon, figue, cerise, citron, orange, banane, mirabelle, kaki, prune, kiwi, pêches, ananas, mangue, papaye, fraises,   mûres, myrtilles, framboises,cassis, groseilles, nèfle, reine – claude, nectarine, pamplemousse….

Fruits séchés : pruneaux, figues, abricots secs, bananes, cerises, cranberries, pommes, poires …

Fruits gras (en petite quantité, environ 5% de la ration totale) :amandes, noix, noisettes, cajou, noix du brésil, avocat, noix de coco, olives …

Graines oléagineuses : tournesol, courge, sésame, chanvre, chia, lin pavot…

Légumes verts et aqueux : poireaux, haricots verts,courgettes, aubergines,concombre, endives, chou, chou chinois, fenouil, poivrons, tomates, brocoli, chou fleur, artichaut, céleri branche …

Racines tendres : carottes, panais, navet,radis noir, betterave…

Courges tendres :potimarron, courge spaghetti, courge butternut( délicieux râpé), chou rave…

Feuilles et pousses : cresson, pourpier, laitue, batavia, frisée, scarole, fanes de légumes, épinards, roquette, pissenlit, pourpier…

Graines germées :radis, poireaux, blé, soja, lentilles, alfalfa, tournesol…

Aromates : oignons, ail, cébettes, échalote, ail des ours…

Fines herbes  et plantes aromatiques: persil, thym, ciboulette,  romarin, basilic, coriandre, cerfeuil, aneth…

Algues : dulse, wakame, nori, spaghetti de mer, spiruline…

15 à 20% de sous-produits animaux :

Oeufs (on mangera le jaune cru)

Coquillages,

Fromages frais fermentés naturellement:  faisselles, caillés,crottins, de préférence chèvre ou brebis yaourts à base de lait cru

Les super aliments

De qualité crue, riches en nutriments, ils peuvent être ajoutés aux repas : spiruline, klamath, camu camu, argousier, ortie et prêle en poudre, eau de mer Quinton, açaï, maca, pollen, miel , lin germé, herbe d’orge, caroube, etc…

LES TOLERANCES

Ils complètent l’alimentation spécifique et … l’assouplissent ! On l’adaptera  selon les goût, habitudes, vitalité, troubles, saison… Ces tolérances seront consommées en quantité raisonnable surtout pour les féculents et chaires animales, plus longs à digérer que les légumes cuits (gaspillage du potentiel vital), et générant des déchets plus difficiles à éliminer pour nos émonctoires (reins, foie/intestins, peau, poumons).

Aliments cuits :

bouillon maison !

Tolérance la plus évidente. Les aliments à cuire seront choisis en priorité parmi les aliments spécifiques détaillés plus haut. Ils seront cuits de préférence à la vapeur, à l’étouffée, bouillis, sans matière grasse (qui peut en revanche être ajoutée dans l’assiette ). On pourra cuisiner soupes sans féculents, bouillons de  légumes, légumes vapeur,  légumes à l’étouffée, pommes au four, compotes.…

Féculents :

Il y a une hiérarchie dans le  choix des féculents, tous ne se digèrent pas de la même manière:

On prendra en priorité les plus doux sur le plan digestif, soit  les féculents potagers  : châtaigne, courges, pomme de terre, patate douce,topinambour, petits pois…

Puis les  pseudo céréales et céréales sans gluten: quinoa, sarrasin,amaranthe, riz demi complet, millet, sorgho, fonio…

Le moins possible de céréales contenant du gluten, plus difficiles à digérer et encrassantes : orge, avoine, blé, seigle et dérivés, pain (même à l’épeautre ou kamut), pâtes, semoule, pâtisseries, müelis, flocons d’avoine etc…peu – importe que ces céréales soient complètes ou pas, elles génèrent beaucoup de déchets et de fatigue.

Enfin, les légumineuses : le soja (lait, yaourt, tofu….), les lentilles, les pois –chiches, haricots rouges, fèves, pois secs… sont les plus indigestes et acidifiants .

Viandes blanches et poissons :

Le poisson frais, viandes blanches font également partie des aliments de tolérance. La viande rouge est très acidifiante donc à ne choisir qu’occasionnellement.

Les escapades :

Nous conseillons 1 à 2 fois par mois les escapades alimentaires où ‘on peut manger tout ce que l’on souhaite afin d’éviter les frustrations et de mesurer la vitalité de l’organisme qui doit être capable de digérer ces gros repas occasionnels.

LES DEVITALISANTS :

Ils dilapident nos réserves d’énergie et provoquent une usure des organes, mieux vaut les éviter : café, thé chocolat, sucre et dérivés (bonbons, gâteaux, soda, sirops, confitures… ), charcuterie industrielle, conserves industrielles, pains et féculents à base de farine blanche raffinée, sel industriel.

Attention aux mélanges d’aliments qui épuisent également nos réserves d’énergie, fatiguent les organes, engendrent beaucoup de toxines et dévitalisent progressivement l’individu.

CONSEILS

Pour reconnaître un aliment spécifique c’est simple : peut-il être manger tel que la nature le donne? ou faut -il le transformer d’une manière ou d’une autre ? Si par exemple il doit être cuit, c’est qu’il n’est pas adapté à notre tube digestif. Instinctivement nous sommes portés vers de beaux fruits à maturité, tandis que nous répugnons à tuer un animal nous -même, ou encore la vue de grains de blé ne nous met pas en appétit…

une belle assiette de légumes cru/cuits, oeufs vapeur + super aliments

Choisir de toute façon les aliments le plus brut et le plus frais  possible : fruits et légume entiers,  fromage frais de chèvre ou brebis, oeufs extra frais etc..et les transformer le moins possible ! “Qui mange cru mange juste ” P.V. Marchesseau. Idem pour les tolérances, les choisir bruts et les transformer soi -même en les dénaturant le moins possible ! ce qui exclue donc toutes les préparations prêtes à manger ou réchauffées du marché.

Attention aux “faux aliments sains” disponibles en magasin bio  :

Pâtes à tartiner d’oléagineux : sésame (tahin) , cajou, amandes, noisettes… qui sont très gras et … cuits !

Noix, cajous, noisettes, amandes légèrement grillés ou toastés… ils ne sont donc plus crus

Le soja sous toutes ses formes ( c’est une légumineuse, voir plus haut)  tofu, yaourt, lait…

Les flocons de céréales, mueslis, granolas très lourds à digérer, engendrant beaucoup de déchets…

Les jus de fruits ou de légumes en bouteille : ils ont perdus leur propriété ce n’est rien d’autre que de la conserve…

Les repas:

Les crudités devraient être présentes le plus possible. Pour ceux qui ont du mal à les digérer, on pourra faire des jus de légumes frais avec un extracteur qui apporteront les éléments crus dont le corps a besoin sous une forme très assimilable. Les jus frais ont la propriété de réparer et rééduquer le système digestif et sont donc une parfaite transition vers une alimentation fraîche, saine et vivante.

Les fruits frais seront toujours pris entre les repas sur un estomac vide. Les fruits en fin de repas fermentent, acidifient l’organisme. A l’inverse, les fruits pris seuls sont parfaitement et rapidement assimilés nous faisant bénéficier de leur richesse en vitamines, minéraux, anti -oxydants, ferments, bons sucres etc…

Les graines, noix, amandes, abricots secs, pruneaux, figues  etc… sont plus digestes, plus rassasiants et meilleures au goût trempés 1 nuit dans un verre d’eau.

Chaque repas pourra donc être composé ainsi :

Une belle assiette de crudités (carottes râpées, salade verte, concombre, betterave etc…) agrémentée de noix, algues, aromates, super aliments, huile d’olive et jus de citron.

Des légumes cuits : ratatouille, haricots vapeur, carottes à l’étouffée etc… de préférence cuits sans matière grasse (on l’ajoutera directement dans l’assiette).

Une protéine au choix : fromage cru ou yaourt ou oeufs (jaune liquide) ou volaille, ou poisson. On évitera les mélanges de protéine au même repas (par exemple viande + fromage).

Un féculent doux : biscotte sans gluten, pomme de terre vapeur, galette de sarrasin…

Pommes cuites au four ou compote sans sucre

Pour relever les plats : algues, gomasio maison, ail et oignon déhydratés, herbes déshydratées, épices, gingembre frais ….

Saler peu et utiliser du sel complet marin, ou des mélange du type herbamare.

Choisir des huiles vierges et bio, et les ajouter dans l’assiette au dernier moment. Les meilleures sont celles d’olive, on peut varier en choisissant des riches en oméga 3 comme l’huile de lin, cameline, périlla, chanvre, colza…

Quelques repas type :

lunch box de mon fils de 10ans pour la cantine, crudités, carottes vapeur, omelette et plein de persil frais !

Menu stricte été

  • Matin : fruit frais de saison ou jus de fruit maison
  • 10h : 250 g de fruits juteux
  • Midi : crudités végétales variées, avec graines germées,  yaourt ou fromage blanc.
  • 17h fruits gras ou sec
  • Soir : crudités végétales avec 2 jaunes d’œuf cru.

Menu de tolérance hiver :

  • Matin : biscottes sans gluten + miel ou fromage cru
  • 10h fruits gras ou séchés réhydratés
  • Midi : crudités végétales, légumes verts cuits vapeur + pomme de terre au four + fromage
  • Soir : crudités végétales, quinoa + oeufs, pommes à la cannelle au four.

Menu pour l’enfant

  • Matin : biscotte complète + miel,
  • 10h une poignée de fruits secs
  • Midi : crudités végétales colorées avec jus de citron, huile de germe de blé, et plantes aromatiques, oeufs ou fromage cru ou cuit (100 à 200g) ou yaourt ( 2 à 4). On peut ajouter des biscottes complètes et de temps en temps on remplace les œufs par du poisson bouilli ou du blanc de poulet.
  • 17h Fruits juteux
  • soir : crudités végétales, potage en saison froide, riz à l’eau ou pomme de terre au four avec un peu de beurre, pruneaux trempés. Tolérance de temps à autre pour un plat de pâte et pour des tartes aux fruits cuits maison.

LA BASE EST LA BASE !

La base est la base ! Quelque soit l’alimentation que l’on souhaite adopter, il est important de connaître la base c’est-à-dire l’alimentation spécifique humaine, afin de l’adapter et ne pas se perdre dans tous les courants alimentaires tendances, les aliments ou super aliments aliments mis régulièrement en avant comme panacée. Connaître la base permet de faire le tri et de rapidement s’y retrouver parmi l’offre du marché et les influences. Lorsque des déséquilibres apparaissent, on s’y réfère, et examine de quelle manière et dans quelles proportions on s’en est éloigné !

 

Ces conseils ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé

Bibliographie :

Les aliments biologiques humain 1 et 2. PV Machesseau

Menus et recettes en hygiène vitale PV Marchesseau

L’éducation des enfants PV Marchesseau

 

 

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